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Les témoins (5/10)


« Critique de Muriel-Hublet: Eté 1984, Manu, un jeune homosexuel, débarque de sa province natale pour découvrir Paris.
Adrien (Michel Blanc) médecin et homosexuel notoire va en tomber amoureux de ce fougueux gamin.
Un sentiment qui ne sera pas partagé.  Mais Adrien est si épris, qu’il préfère se contenter d’une simple amitié et d’espérer.
C’est ainsi qu’il va présenter Manu à un jeune couple, Mehdi (Sami Bouajila) et Sarah (Emmanuelle Béart).
Écrivaine pour enfants, elle se sent coincée entre les couches et les biberons, dans un rôle de mère qui lui semble pesant et contraignant, ne rêvant que d’écrire un roman à tout prix.
Lui est inspecteur de police et va aussi tomber amoureux de Manu.
Ils vivront une belle histoire d’amour jusqu’au jour où… la maladie apparaîtra.
Le Sida déboule dans la vie de Manu sans crier gare.
Inconnu ou presque en France, car l’action est sensée se passer en 1984, la réalité du terrible virus va éclater au grand jour.
 Difficile de cerner les intentions bien précises du réalisateur (Téchiné) tant on se retrouve face à des détails qui nous maintiennent dans une hésitation permanente.
Nous sommes sensés être en 84 et pourtant pas mal de détails visuels disent le contraire (la date des draps à l’hôpital, les voitures, …)
Au vu de leur nombre, il ne peut plus s’agir d’erreurs.
Mais probablement d’un détail jugé sans importance par rapport à la réalité historique.
L’émergence du Sida est bien là, bien réelle elle.
Avec ses peurs et ses haines.
Avec ses malades, ses morts et ses victimes.
Avec ses héros médiatiques et ses artisans de l’ombre.
1984 a vu naître une épidémie effroyable qui allait changer le cours de la vie de bien des hommes.
Remettre en question la liberté sexuelle à peine acquise.
Engendrer une sévère chasse aux homosexuels, premières victimes donc forcément coupables.
Ces sentiments naissants, André Téchiné nous les faits ressentir avec une grande acuité.
Il ravive dans nos esprits la peur un peu oubliée. (La maladie est toujours présente, mais, aujourd’hui, avec l’apparition des trithérapies, on se sent plus en sécurité, on se protège moins.)
Les personnages paraissent presque clichés.
Emmanuelle Béart, femme qui pardonnera les écarts de son mari, qui s’enveloppera dans les voiles de la compassion et écrira un livre rédempteur sur Manu.
Michel Blanc, en ami indéfectible, en médecin convaincu qui va soutenir Manu mais aussi se battre de tout son pouvoir pour aider les malades. »  Lire l'article

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Date de publication : 2007-03-25

Source : http://www.roulive.com/modules.php?name=Reviews&rop=reviews_index&start=0

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