Angel (6/10)
« Critique de Muriel-Hublet: Situé début 1900, Romola Garai interprète une provinciale anglaise qui va devenir une écrivain célèbre.
Adolescente, elle écrit des récits enflammés sur des sentiments qu’elle ne connaît pas, amour, passion et le public est séduit.
Le succès va afire de l’enfant rêveuse une peste odieuse qui croit que tout lui est permis.
L’adulation des foules et la richesse subite vont lui tourner la tête et lui laisser croire que tout s’achète, qu’il suffit d’un caprice ou d’un sourire pour qu’on lui passe toutes ses envies et ses fredaines.
De la maison luxueuse au mari, elle va enrichir ses collections personnelles.
Mais quand l’amour s’en mêle, quand les sentiments mènent le bal, difficile d’encore tout régenter.
Angel va l’apprendre à ses dépens.
Mais le comprendra t-elle, enfermée qu’elle est dans une espèce de tour d’ivoire ?
François Ozon, le réalisateur, nous offre un portrait de femme tout en nuances.
Frondeur et impertinent, attendrissant et émouvant, il jongle avec brio avec les émotions de son héroïne (et les nôtres) et la réalité qui reprend petit à petit ses droits.
Il nous montre la vie d’Angel comme un rêve éveillé, avec strass et falbalas.
Superbes robes, décors luxueux, chaque tableau est une merveille visuelle, un petit bijou, un camaïeu délicieusement étudié pour séduire l’œil, même s’il dissimule pas mal de petites finesses ironiques.
A l’apogée, on peut facilement faire référence à Barbara Cartland, Sissi et Scarlett o’Hara.
On va ensuite suivre sa chute, la déchéance d’une femme enfermée dans sa gloire passée, qui reste calée dans une époque révolue.
Sans juger, les caméras d’Ozon se contentent de filmer le caractère fantasque, touchant, naïf, outrancier ou vulgaire d’Angel.
Femme entre kitsch et glamour, entre classique et baroque, elle ne laissera personne indifférent.
Elle attire, elle séduit, elle agace et dérange.
On suit sa vie avec attention, mais aussi, elle énerve car on se demande comment on peut aller jusque là dans l’entêtement et l’enfermement psychologique presque digne d’une autiste.
Un mélange qui allie pas mal de qualités mais qui aussi laisse une certaine impression de malaise.
L’impression d’un excès indéfinissable, d’un manque gênant.
Déroutant mais avec pas mal de charme (pour les yeux et les oreilles). »
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Flux : Cinema > Roulive.com - Critiques de films
Date de publication : 2007-03-16
Source : http://www.roulive.com/modules.php?name=Reviews&rop=reviews_index&start=0
