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Letters from Iwo Jima (8/10)


« Critique de Muriel-Hublet: <em>La mémoire de nos pères</em> (Flags of Our Fathers) était le premier volet du réalisateur Clint Eastwood sur les évènements d’Iwo Jima, cette île japonaise, épisode sanglant de la guerre américano-japonaise.<br />Le premier film était consacré aux conséquences d’une photo et suivait pas à pas la vie de trois soldats embringués dans de la propagande nationaliste pour récolter des fonds.  Un drame humain, sensible, mais bien loin des horreurs des champs de bataille.<br /><em>Letters from Iwo Jima</em> nous y replonge en direct et ne nous fait jamais quitter le terrain grisâtre de l’île volcanique.<br />Cette fois l’histoire est racontée du point de vue nippon.<br />Le film en version originale est d’ailleurs et quasi uniquement en japonais.<br />Clint Eastwood nous fait découvrir les préparatifs pour résister à l’envahisseur US.  Il nous montre la propagande, la vie des soldats, les aberrations de la chaîne de commandements et nous fait redécouvrir une manière de penser et un code de l’honneur bien loin des nôtres.<br />Il nous fait suivre un général qui avec peu d’hommes et d’équipement, coupé de toute possibilité de ravitaillement ou d’aide va essayer de renforcer ses défenses, de motiver ses soldats et de livrer une lutte glorieuse même si elle est perdue d’avance.<br />Derrière la violence des combats (qui sont loin d’être le principal des quelque deux heures de pellicules) les caméras nous montrent surtout des hommes et leurs sentiments avec beaucoup de justesse.<br />Qu’ils soient de couleurs différentes ou qu’ils parlent une autre langue n’y change rien, les futilités de la guerre et ses ineptes violences restent intemporelles et universelles.<br /><em>Letters from Iwo Jima</em> donne un résultat plus poignant encore que Mémoires de nos Pères, car ses personnages sont avant tout des êtres humains, des victimes d’un conflit qu’ils n’ont pas demandé, auquel ils prennent part un peu contraints.<br />Le film suit différents personnages pendant toute la durée du film, chacun a des raisons différentes d’être là, d’agir, de participer, de se dérober. Chacun sera suivi du début jusqu’à la fin, et si la mort et l’honneur reviennent comme dans une forme de cycle quasi perpétuel, les sentiments sous-jacents sont eux assez différents à chaque fois et permettent de découvrir une palette de comédiens inconnus chez nous, mais qui ont bien du talent. <br />Les séquences de guerres, les combats, sont classiques, mais entre ces obligées périodes dans un film du genre, le reste des scènes est profondément humain, bouleversant de sensibilité.<br /><em>Letters from Iwo Jima</em> est nettement supérieur, et celui qu’il faut voir si vous devez choisir entre les deux derniers Eastwood. »  Lire l'article

Flux : Cinema > Roulive.com - Critiques de films

Date de publication : 2007-02-18

Source : http://www.roulive.com/modules.php?name=Reviews&rop=reviews_index&start=0

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